
On n'a pas besoin d'être parent pour apprécier les conseils en communication dont regorge ce livre!
J'ai beaucoup appris à sa lecture. J'avais déjà connaissance de certaines des méthodes dont il est question et pourtant, cela m'a permis de mieux comprendre leurs intérêts, leur fonctionnement et leur application au quotidien. C'est un livre très bien écrit qui permet d'y voir plus clair dans ce qui se joue entre deux individus qui communiquent. La relation parent-enfant n'est pas différente des autres relations interindividuelles. C'est pourquoi, on peut tout à fait appliquer ses idées et principes à nos relations avec notre conjoint, nos parents ou nos amis...
Il est tout à fait intéressant de comprendre premièrement que les problèmes que nous pouvons rencontrer avec nos enfants sont de différentes natures. Certains nous concernent directement alors que d'autres problèmes appartiennent à nos enfants.
Pour les premiers types de problèmes, dans la mesure où nous sommes dérangés, c'est à nous de chercher une solution pour que le comportement de notre enfant nous convienne. Dans cette situation, la plupart des parents utilisent "leur autorité parentale". Celle-ci a de nombreux inconvénient pour chacun des partis. En effet, l'enfant n'accepte généralement pas qu'on lui impose un comportement à suivre, il préfère se limiter lui-même dans ses actions quand il a la chance de pouvoir se gouverner lui même. Les parents de leur côté sont souvent fatigués de devoir contraindre leur enfant en tout, de devoir toujours "être sur leur dos", de ne pas pouvoir lui faire confiance. A cela se rajoute les conséquences sur la relation. Il est plus difficile d'aimer ou de faire confiance quand la relation est déséquilibrée parce que l'un des deux individus se sent brimé. Je vous renvoie au post où j'ai développé la notion de relation "gagnant-gagnant". J'avais découvert cette notion grâce aux 7 habitudes de Stephen R. Covey. Ici Dr Gordon la nomme la relation "sans perdant".
La situation est différente lorsque le problème concerne l'enfant seulement. Lorsque nous ne sommes pas directement concernés, le recul nous permet souvent de proposer différentes solutions. Mais ce n'est pas à nous de trouver ces solutions. Le comprendre permet de nous libérer de la charge de problèmes supplémentaires dont nous ne tenons pas tous les tenants et aboutissants. D'autres parts, cela nous donne une occasion toute particulière de responsabiliser nos enfants. S'ils ont un problème qui les concerne tout particulièrement, nous pouvons leur faire confiance dans leurs capacités à trouver les solutions adéquates. D'après les expériences des parents qui ont su lâcher prise sur les problèmes de leurs enfants, les solutions que ces derniers découvrent par eux-mêmes leur conviennent d'avantage. Il est évident que nous n'allons pas les laisser seul avec leur problème. Dr Gordon nous propose une méthode d'écoute efficace pour les soutenir et leur permettre de trouver leurs propres solutions.
La méthode Gordon est simple et claire. Cependant, je serais loin de développer tous ses aspects même en développant quelque peu les avantages de l'écoute active.
L'écoute active consiste à mettre en mot ce que l'on a compris et ressenti en écoutant notre interlocuteur. Cela permet de formuler les sentiments que nous percevons chez son enfant afin d'être sûr de le comprendre réellement.
Le premier avantage est que l'enfant sente qu'il a été compris. Il se sent accepter par son parent malgré ses sentiments parfois négatifs, malgré ses craintes...
Lorsque l'on souhaite utiliser l'écoute active, on s'engage à ne pas juger l'autre. Ainsi plus que de la compréhension car on accepte les sentiments de notre interlocuteur sans les remettre en question. Ce n'est pas une méthode pour convaincre mais pour soutenir. Parfois le seul fait de se savoir compris permet de résoudre le problème. Ainsi écouté, on se sent accepté, libéré et libre de choisir sa propre solution au problème.
J'ai eu l'occasion depuis quelques jours de mettre en application l'écoute active avec Petit Bonhomme. J'en suis estomaquée! D'autant plus que je vous rappelle qu'il n'a qu'à peine un an!
Je suis impressionnée par le fait qu'en formulant ses sentiments, il se calme tout seul alors même qu'il continuait de pleurer si je le prenais dans mes bras ou que j'essayais de le réconforter. Bien entendu, je ne comprends pas forcément du premier coup ce qu'il ressent alors je lui formule plusieurs hypothèses et quand je formule la bonne, il arrête net de pleurer!
C'est le cas par exemple lors de certaines chutes sur les fesses : dans un premier temps, je pensais que c'était la douleur qui le faisait pleurer. Maintenant je remarque que c'est plus subtil que cela. Dans cette situation, les larmes expriment parfois de la frustration. En lui disant que je vois qu'il est frustré, il arrête de pleurer et se relève.
Cela arrive qu'il se mette à pleurer lorsque je lui refuse certaines activités. Il se calme au moment où je lui formule que je comprend ce qu'il aimerait faire et que je lui explique la raison de mon refus. Je suis impressionnée par sa capacité de compréhension lorsque je m'exprime correctement. Je ne l'aurais pas cru sans le mettre en pratique.
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