Etre parent

Etre parent ça change la vie, c'est peut-être l'une des seules certitudes que l'on peut avoir lorsqu'on le devient!

Tout parent a le désir profond d'être le meilleur parent possible pour son ou ses enfants. On a de quoi se poser plus d'une question: Quel est notre rôle dans l'apprentissage de la vie de nos enfants? Quelle influence sommes-nous pour eux? Comment pouvons-nous leur apporter des valeurs sures?

Je me suis toujours posée ces questions et cela avant même de mettre mon premier enfant au monde. Maintenant qu'il est là, les questions sont toujours présentes et mon cheminement de penser s'affine.

Je n'ai jamais été à l'aise avec l'autorité parentale comme il est courant de la définir : ces droits et devoirs parentaux qui consistent à imposer des limites à son ou ses enfants. Ce n'est pas les limites qui me gênent mais la manière de les faire appliquer. J'avais jusqu'à présent le sentiment je devrais obligatoirement passer par la contrainte pour qu'elles soient respectées. Pourtant des règles, j'étais consciente qu'il en existait et qu'elles étaient légitimes : des règles de société pour ne pas vivre isolé dans notre appartement, des règles naturelles pour la sécurité et la santé de Petit Bonhomme ainsi que des règles familiales à définir en fonction des besoins de chacun des membres de la famille. Alors comment faire sans contrainte? J'avais le sentiment que la seule autre manière de faire revenait à ne mettre aucune limite et que j'allais me faire mener par le bout du nez par Petit Bonhomme et ses désirs!

Et puis, la méthode autoritaire ordinaire ne fait pas toujours ses preuves. Elle marche peut-être un temps mais qu'en est-il à long terme? Combien de parents utilisent leur autorité avec récompenses et punitions jusqu'à ce que ça ne fonctionne plus : l'enfant n'est plus intéressé par les récompenses lorsqu'il a compris que sa liberté de choisir lui accorde plus de bonheur, l'adolescent est trop fort pour avoir une punition corporelle ou trop rebelle pour respecter son interdiction de sortie. C'est à croire que ce qui découle réellement de cette méthode, ce ne sont pas responsabilité et épanouissement mais manque de confiance en soi, indécision ou au contraire des caractères forgées par des crises d'adolescence marquées.

Il me semble qu'il existe une troisième solution. Celle de la communication et de la solution "gagnant-gagnant". Celle où les règles sont acceptées par tous car établies par la nature ou par tous ceux à qui elle s'applique. Des règles familiales où "même" l'enfant participe à la rédaction! Des règles où personne ne se sent lésé, où personne ne se sent perdant, par lesquelles les besoins de tous sont satisfaits, où tout le monde y gagne! Ca semble utopique. Peut-être, l'expérience me le dira!

Pour le moment, Petit Bonhomme étant encore tout jeune, je ne peux lui demander de participer verbalement à l'établissement de nos règles familiales! Par contre, il participe à sa manière en me faisant comprendre ce qui lui convient ou non. Si un caprice est synonyme d'exprimer fermement sa volonté alors on peut affirmer qu'il en fait! Bon nombre de parents pensent que céder au caprice de son enfant est la pire des solutions. Pour ma part, je considère que je ne cède pas puisqu'il ne s'agît pas d'un rapport de force. J'essaye de faire en sorte qu'on sorte tous les deux gagnants de la situation. Pour le moment, c'est plus facile pour moi d'écouter ses besoins que les miens! Peut-être parce qu'il a, depuis sa naissance, l'habitude de signaler les siens alors que pour ma part, je n'ai pas toujours eu l'occasion de les prendre en compte. Je vous donne quelques exemples de ce que je considère être des situations "gagnant-gagnant" :

* Changer la couche de Petit Bonhomme : De mon côté, je désire changer un enfant calme. De son côté, il ne veut pas que je le couche mais préfère rester debout. Notre solution : il est changé debout sans difficulté et sans pleurs.
* Aller au dodo : De mon côté, je souhaite que Petit Bonhomme s'endorme seul mais sans pleurs. De son côté, il a le désir dormir seulement lorsqu'il est suffisamment fatigué pour s'endormir facilement mais pas trop fatigué pour se calmer seul. Notre solution : Saisir le moment opportun pour lui proposer d'aller se coucher au lieu de le forcer à s'endormir lorsqu'il n'est pas disposé.
* Le repas : De mon côté, je souhaite qu'il se nourrisse à sa faim et qu'il découvre le plus de saveur possible. De son côté, il ne veut pas de petits pots de bébé et préfère se nourrir seul. Notre solution : Le laisser manger seul et lui proposer de tout. Pour les compotes on a une cuillère chacun!
* Les objets "interdits" : De mon côté, je considère inapproprié l'usage de certain objets de la maison. De son côté, il a horreur qu'on lui prenne un objet des mains. Notre solution : Je lui demande de me donner l'objet en lui expliquant qu'il ne peut pas l'utiliser. Et lui, me le donne sans frustration. (idem pour les objets qu'il met dans sa bouche : il me mordait si je cherchais à les récupérer directement alors au lieu de le punir pour qu'il arrête de mordre et continuer à mettre mes doigts dans sa bouche, je lui explique qu'il ne peut pas mettre en bouche l'objet en question et il le recrache lorsque je lui dit "donne" en tendant la main.)
Ce ne sont que quelques exemples qui me viennent à l'esprit. J'ai encore du chemin pour écouter plus naturellement mes besoins et ceux de Petit Bonhomme mais quand je le fais ça nous convient bien!

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